SÉMINAIRES

Mon, Nov 16 | Université Paris Diderot

GÉOGRAPHIE & THÉORIE DE LA FORME URBAINE

TABLE RONDE 1 : Jean-Paul Hubert (Ifsttar-L'Institut français des sciences et technologies des transports, de l'aménagement et des réseaux) Olivier Bonin (LVMT – Marne-la-Vallée)
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GÉOGRAPHIE & THÉORIE DE LA FORME URBAINE

Heure & Lieu

Nov 16, 2020, 4:00 PM – 7:00 PM
Université Paris Diderot, 16 Rue Marguerite Duras, 75013 Paris, France

À propos

Jean-Paul Hubert et Olivier Bonin 

Présentation liminaire : la forme urbaine, prégnances et saillances

L’expression « forme urbaine », bien que polysémique, est couramment utilisée en géographie, parfois pour renvoyer à ce qui serait plus proche d’une structure, c’est-à-dire la manière dont les différents constituants d’une ville sont arrangés entre eux, et parfois pour renvoyer plutôt au contour de l’objet urbain, c’est-à-dire à une frontière, une hypothétique séparation entre l’urbain et le non-urbain. Si on adopte l’approche de Thom, le concept de prégnance est particulièrement séduisant pour analyser la forme urbaine. La ville, observable en tant qu’établissement humain – donc de l’intérieur, par un observateur participant – ne peut se rendre manifeste que par son activité, qualité propre de la prégnance. Vue de l’extérieur et identifiée par ses bâtiments ou ses sites remarquables, elle possède par ailleurs une saillance, proche d’un phénomène purement topologique, à travers ses frontières, ses subdivisions, ses oppositions et ses voisinages.

Ce premier exposé tentera d’illustrer comment différentes approches des établissements humains, dont en premier lieu la théorie de la forme urbaine de Ritchot, appréhendent la double réalité de la ville au prisme des deux caractères fondamentaux des catastrophes de Thom.

Jean-Paul Hubert

Premier exposé : quelles oppositions axiologiques pour une lecture catastrophique de la théorie de la forme urbaine de Thom ?

La théorie de la forme urbaine qui a pour objet la morphogenèse des établissements humains est sans doute, en géographie,  l’approche qui s’est le plus réclamée de l’œuvre de Thom. Elle l’a fait en particulier, via le truchement d’une modélisation sémiotique et structuraliste développée par Desmarais dans les années 1990. L’approche structuraliste repose sur de grandes différenciations symboliques mettant en jeu le contrôle de l’espace pour son appropriation, et la centralité conférée par un investissement axiologique plus ou moins durable dans certains lieux. Ce parti-pris conduit à poser une relative indépendance des formes vis-à-vis de leur substrat, qui se caractérise par des modes de construction, d’entretien ou d’usage des bâtiments et des infrastructures, sous la contrainte de l’approvisionnement et de la coexistence pacifique des populations qui l’occupent. Le substrat d’un établissement humain est indissolublement lié à des techniques qui évoluent en visant à accroître qualité et productivité.

Or il est remarquable que cette théorie de la forme urbaine a été élaborée au cours d’une recherche menée en 1976-77, en équipe, sur le patrimoine immobilier de Montréal, donc centrée sur le substrat et accordant une place prépondérante aux techniques de construction. Les typologies et catégories spatiales qui ont été mises au point dans cette recherche combinent des oppositions abstraites et la performance de dispositifs techniques pour décrire deux directions morphogénétiques : une  dynamique de croissance urbaine déployant ou spatialisant des styles et des formes concrètes caractéristiques, dans le cadre du capitalisme nord-américain, d’abord industriel puis plus financier et plus social (welfare) dans les années 1960-70, et une dynamique d’érosion laissant subsister des formes concrètes obsolètes dans le nouveau contexte de production de richesses ou de reproduction de la main d’œuvre. Ces formes résiduelles constituent le réservoir du patrimoine architectural, lui-même valorisable économiquement.

L’exposé visera à analyser les dimensions structurelles organisant ces typologies, dans une perspective à la Thom-Viret

Olivier Bonin

Deuxième exposé : quelle stabilité dans les formes urbaines ?

Il est courant de postuler que la forme urbaine résulte de différents compromis entre facteurs, plus ou moins structurants, et de dimension axiologique (c’est-à-dire renvoyant à des valeurs et une hiérarchie de ces valeurs) plus ou moins prononcée : contrôle de la mobilité résidentielle pour Ritchot, focalisation-diffusion, distance au centre, préférence pour la densité, préférence pour l’entre-soi, préférence pour l’habitat collectif ou individuel, etc. Chaque théorie urbaine propose une sélection soigneuse d’un nombre limité de critères, et propose d’identifier différents quartiers archétypaux par croisement de ces critères. Ritchot, au fur et à mesure de la maturation de sa théorie de la forme urbaine, a proposé plusieurs variantes d’une approche de ce type, mais il est possible d’en construire beaucoup d’autres. Nous proposons dans cet exposé une réflexion sur la stabilité de ces différentes formes que l’on peut déduire de la construction d’un modèle de la théorie des catastrophes à partir de ces dimensions. Nous examinons également le choix ou non de se placer dans un cadre axiologique, et les conséquences qui en découlent.

Comment Participer :

Le séminaire mensuel aura lieu de Novembre 2020 à juin 2021, le lundi une fois par mois de 16h à 19h se déroulera sur Paris, à l'UFR Institut Humanités, Sciences et Sociétés (IHSS), rattaché à l'Université de Paris – Diderot, 16 Rue Marguerite Duras, 75013 Paris Salle 888C – Bâtiment des Grands Moulins de Paris, 8e étage (à droite en sortant de l’ascenseur).

Pour toute information : interdisciplinarites.thom@fcsh.unl.pt

 

Pour assister et participer au séminaire ONLINE, rejoignez-nous sur le lien :

http://visio.litislab.fr/join/Seminaire_Rene_Thom

ID: inscrire votre nom

Mot de passe : renethom

 

La prise en main est très simple. Si besoin, visionnez la vidéo de tutoriel : https://youtu.be/MsL3hWEcxNQ

En cas de problème technique, veuillez contacter : julien.baudry@univ-lehavre.fr 

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