SÉMINAIRES

Fri, Jan 12 | Paris Diderot

BIOLOGIE THÉORIQUE & PSYCHANALYSE

TABLE RONDE 3 : Jacques Viret (CRSSA (Centre de Recherche du Service de Santé des Armées | Grenoble) ; Benoît Virole (Psychanalyste | Paris)
Inscription est fermé

Heure & Lieu

Jan 12, 2018, 4:00 PM – 7:00 PM
Paris Diderot, 16 Rue Marguerite Duras, 75013 Paris, France

À propos

Jacques Viret

Ma rencontre avec René Thom

1 – Faire du R. Thom sans le savoir

Cela s’est passé en 1985. Je travaillais alors dans un laboratoire de biophysique membranaire, et j’avais publié, sous la pression de mon patron, des résultats (en 2D) que je trouvais incomplets. Pendant les vacances estivales, j’ai donc repris tous les résultats en 3D. Ces derniers étaient plus complets, mais cette fois-ci, je ne les comprenais pas. Rentré à Paris, j’ai parlé de ces résultats à un ami (Etienne Labeyrie), qui travaillait à la Pitié Salpêtrière. Il y reconnut avec surprise une partie d’une queue d’aronde, figure, m’expliqua t-il, faisant partie de la théorie des catastrophes de René Thom, mathématicien très connu (mais que je ne connaissais pas !) et qu’il s’empressa de me faire connaître.

René Thom fut surpris lui aussi de voir émerger une des figures de la théorie des catastrophes issue directement de résultats expérimentaux, et je devins son dernier élève (après Yannick Kergosien et Etienne Labeyrie).

2 – Identifications biologiques des catastrophes de René Thom

j’ai poursuivi durant une dizaine d’années la recherche expérimentale des différentes « catastophes » de R. Thom, dans le domaine de la biologie. La lecture directe des œuvres de René Thom étant parfois difficile, je me suis beaucoup inspiré des présentations de Claude Bruter, et de fréquents entretiens avec lui.

a) en physiologie « normale », la fronce, la queue d’aronde et le papillon

b) en physiologie du stress, le papillon et les ombilics

3 – René Thom et Carl Gustav Jung

Il n’y avait qu’un pas à faire pour passer de la biologie à la psychologie, avec l’avantage supplémentaire que si la psychologie fait en quelque sorte partie de la biologie humaine, elle apporte en plus (et je dirais assez « naturellement ») une seconde « variable interne ». Les « catastrophes » de types « ombilics » se révèlent en effet très utiles en psychologie.

La comparaison des deux grandes personnalités qu’étaient René Thom et Carl Gustav Jung s’est donc naturellement imposée à moi. Ils ont appréhendé, avec des langages différents et selon leur propre spécialité, la description de systèmes dynamiques analogues. Enfin, les évolutions ou les transformations par « transversalité » de ces systèmes sont décrits de manières assez semblables.

Ces deux hommes exceptionnels auraient pu se rencontrer, mais se seraient ils entendus ?

Ils ont eu une œuvre intellectuelle analogue, mais se seraient-ils compris ?

Benoît Virole

Psychanalyse et théorie des catastrophes – état des lieux et perspectives

La psychanalyse et la théorie des catastrophes sont des disciplines du continu, non réfutables, non expérimentales, mais qui pourtant se donnent l'une comme l'autre comme projet d'éclairer une section du réel, l'inconscient pour la psychanalyse, la détermination des formes pour la théorie des catastrophes. Le rapprochement ne se réduit pas à leur statut vis-à-vis de la scientificité contemporaine. René Thom a élaboré un modèle du psychisme, certes lacunaire, mais qui mérite une attention que la psychanalyse ne lui a guère accordée, à l’exception des apports de Michèle Porte, des perspectives métapsychologiques tracées par Jean Petitot, et de références plus ponctuelles d’autres auteurs. Nous discuterons des liens entre psychanalyse et la pensée de René Thom en présentant la problématique des fantasmes originaires, qui ne trouve de solution satisfaisante ni dans le recours à un drame phylogénétique, comme le propose l’interprétation freudienne, ni dans le recours au mythe selon l’interprétation structuraliste, ni dans le recours à la sélection naturelle et au gain adaptif. La sémiophysique de Thom, et son interprétation des bases biologiques à l’imaginaire constituent une alternative intéressante dont nous discuterons la portée et les limites.

Programme de l’année :

Le séminaire mensuel aura lieu de novembre 2017 à juillet 2018, le vendredi une fois par mois de 16h à 19h se déroulera sur Paris, à l'ISHP, Institut des Sciences et des Humanités de Paris, rattaché à l'Université Paris 7 – Diderot, 16 Rue Marguerite Duras, 75013 Paris Salle 888C – Bâtiment des Grands Moulins de Paris, 8e étage (à droite en sortant de l’ascenseur).

Pour toute information : interdisciplinarites.thom@fcsh.unl.pt

Pour assister et participer au séminaire ONLINE, rejoignez-nous sur le lien :

http://meeting.cs-dc.org/join/viret-virole-talk3

La prise en main est très simple. Si besoin, visionnez la vidéo de tutoriel : https://youtu.be/MsL3hWEcxNQ.

En cas de problème technique, veuillez contacter : julien.baudry@univ-lehavre.fr

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